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Entrée du « miteux » au théâtre

Grâce, à nouveau aux petites annonces, il est engagé en qualité de concepteur-rédacteur dans une maison de publicité où il rencontre PRÉVERT, Jean AURENCHE et Georges NEVEUX, lequel est également secrétaire-général de la Comédie des Champs-Élysées, dirigée par JOUVET. NEVEUX est recruté par la Metro Goldwyn Mayer en qualité de scénariste et, quittant la publicité, recommande vivement ANOUILH à JOUVET pour lui succéder. ANOUILH est engagé par ce dernier pour lire les manuscrits, établir sur chacun une note de lecture, et composer les salles de générales, ce qui donnât lieu à des gaffes mémorables, car il ne connaissait personne à Paris. Ses rapports avec JOUVET furent toujours tendus, sans qu’on en sache véritablement les raisons. JOUVET avait d’ailleurs baptisé ANOUILH « le miteux ». Auparavant, alors qu’il était toujours dans la publicité, il avait écrit son premier texte de théâtre Humulus le muet, avec la collaboration de Jean AURENCHE qui restera toujours, avec Georges NEVEUX, son ami le plus cher. C’est une farce, un lever de rideau de la longueur d’un sketch. Humulus est un petit jeune homme muet qui ne peut prononcer qu’un mot par jour. Étant amoureux d’Hélène, il reste silencieux pendant un mois pour faire provision de mots, puis il fait sa déclaration - 30 mots, pas plus - Hélène alors, sort un cornet acoustique de son sac et lui demande de répéter, car elle est sourde.


Débuts d’auteur dramatique

Il quitte JOUVET en 1930, avec grand soulagement, appelé à faire son service sous les drapeaux. Il est assez vite déclaré «  réformé temporaire » et, rendu à la vie civile, apprend que sa pièce L’Hermine, sa première vraie pièce avait conquis d’emblée Pierre FRESNAY, lequel la crée le 27 avril 1932 au théâtre de l’Œuvre dans une mise en scène de Paulette PAX. FRESNAY, qui était déjà un acteur important, avait accepté de jouer au pourcentage, pourcentage calculé uniquement au-dessus d’un chiffre de recettes très important, qui ne fut jamais atteint. Autant dire qu’il jouait pour rien. La pièce connut 37 représentations. C’est l’histoire de Franz, jeune homme pauvre, tombé amoureux d’une jeune aristocrate, Monime, qui dépend entièrement de sa tante, vieille duchesse égoïste et odieuse qui n’acceptera jamais que sa nièce épouse un roturier. Monime deviendra la maîtresse de Franz. Pour sortir de leur misère matérielle et morale, Franz ne trouve qu’une solution: tuer la vieille duchesse. Mais Monime, horrifiée par cet acte, renie Franz, lequel désespéré, avoue son crime, qui rappelle celui de Raskolnikov dans Crime et châtiment. La pièce révèle les dons dramatiques exceptionnels de l’auteur, ce qui sera aisément reconnu par la critique.

En 1932, il écrit Jezabel, pièce qu’il ne fera jamais jouer, particulièrement sordide, et qui évoque les rapports mère-fils qu’on retrouvera souvent dans son œuvre. L’année suivante, l’Athénée (Direction JOUVET, ne l’oublions pas) monte Mandarine, pièce du « miteux », créée le 17 janvier 1933. L’action se situe sur une plage. Bérénice, jeune fille tendre et un peu folle, fait connaissance de Mandarine, jeune gigolo que se disputent les dames mûres. Bérénice va tenter de ramener Mandarine dans le droit chemin de la morale, et d’en faire un homme courageux et honnête, ce qu’il promet d’essayer. La pièce ne connut que quelques représentations et la presse y dénoncera « l’arbitraire » (P. AUDIAT - Paris-Soir), « l’artifice du vaudeville » (P. BRISSON - Le Temps), « une trop grande candeur dans l’immoralité » (J. MARTEAUX - Les Débats), mais y reconnaît la naissance d’un véritable tempérament dramatique.

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