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Une « sauvage » qui confirme les qualités de l’auteur

Au Voyageur succède La Sauvage, toujours au théâtre des Mathurins, qui connaît une centaine de représentations. La sauvage, c’est Thérèse, qui souffre de parents grotesques, vulgaires, combinards et pitoyables, contre lesquels elle a dû résister, car ils ont essayé de la vendre dès que l’occasion s’est présentée. Elle rencontre alors l’antithèse de ce monde misérable dans lequel elle a évolué jusqu’ici. C’est Florent, compositeur de talent, riche et comblé, qui est amoureux d’elle. Mais elle se cabrera devant ce contraste et se sentira humiliée par ce bonheur insolent personnifié par Florent. Elle retournera à sa misère, révoltée par cette différence, révoltée à jamais. « Il y aura toujours un chien perdu quelque part qui m’empêchera d’être heureuse ». La critique analysera longuement la pièce, avec des appréciations diverses. « Un accent qui se reconnaît dès les premières répliques, une aptitude à la grandeur, la facilité, dévolue à ANOUILH, de dépasser les auteurs dramatiques de sa génération, les charmes d’une fraîche matière intellectuelle, voilà bien de quoi emporter, effacer ce qu’au passage nous avons cru pouvoir nommer faiblesses » (COLETTE - La jumelle noire). La Sauvage confirme donc les qualités exceptionnelles reconnues à l’auteur depuis Le Voyageur sans bagages.


La rencontre avec Barsacq

Cette même année 1938, bénéfique pour ANOUILH, verra la création du Bal des Voleurs, pièce écrite en 1929 et qui marquera la rencontre avec André BARSACQ. Rencontre d’une très grande importance, car ce sera - avec toutefois l’échange de propos assez vifs - le début d’une collaboration qui s’étalera sur une quinzaine d’années et donnera lieu à la création de quelques-unes des plus grandes pièces d’ANOUILH. BARSACQ venait de fonder une compagnie La Troupe des Quatre Saisons et jouait Le Roi Cerf de Carlo GOZZI à la Comédie des Champs-Élysées. Un soir, il voit surgir dans les coulisses Jean ANOUILH qui, enthousiasmé par le spectacle auquel il vient d’assister, tient à le faire savoir. BARSACQ lui demande alors s’il n’a pas, par hasard dans ses tiroirs, quelque chose pour lui. ANOUILH lui apporte donc Le Bal des Voleurs qui dormait depuis 1929. BARSACQ trouve un peu d’argent et la pièce est montée au théâtre des Arts (actuellement Théâtre HÉBERTOT) le 17 septembre 1938. C’est un grand succès et la presse excellente. 200 représentations.

Elle fut reprise fin octobre 1940 au théâtre de l’Atelier que DULLIN venait de quitter très légèrement pour le Théâtre de Paris, afin d’y créer, sur la demande du directeur Léon VOLTERRA, Mamouret de Jean SARMENT, aux côtés de Marcelle GENIAT. En partant, DULLIN cède l’Atelier à André BARSACQ. « En remettant entre les mains d’André BARSACQ la direction du Théâtre de l’Atelier, et en passant moi-même au Théâtre de Paris, j’ai conscience de servir doublement le théâtre ». Un an plus tard, DULLIN prend la direction du théâtre Sarah-Bernhardt, rebaptisé Théâtre de la Cité, à la demande des autorités d’Occupation (Sarah BERNHARDT était juive). La direction de BARSACQ est inaugurée par la reprise du Bal des Voleurs, qui connaît, là encore un indiscutable succès. C’est l’histoire farce d’un trio de voleurs qui prennent les déguisements les plus originaux et finissent par se rouler les uns les autres. La pièce sera reprise, toujours à l’Atelier, en avril 1970, L’Enterrement, d’Henri MONNIER complétant le spectacle.

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