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À l'assaut des U.S.A.

En 1930, il est appelé en Amérique en qualité de scénariste. C’est pendant son séjour aux USA qu’il se liera d’amitié avec Céline, ce qu’il relatera dans ses souvenirs Rives Pacifiques ( N.R.F. 1937 ). Dans la biographie de Céline de François Gibault ( Mercure de France ) on peut lire: « Pendant son séjour à Los Angeles, Céline visita Hollywood où il rencontra beaucoup de gens de cinéma, et toute une équipe de Français parmi lesquels Jacques Deval qu’il affectionnait tout particulièrement et qui menait alors joyeuse vie ». Paul Marteau a noté dans son journal ce que Céline lui avait raconté : « Il nous parle de Jacques Deval, évoqué par Pascaline (Madame Marteau). Il l’a connu à Hollywood, priapipe comme personne, fuyant l’une pour essayer l’autre ». Le même écho se trouve dans une lettre écrite par Céline à Milton Hindus : « J’ai retrouvé grâce à vous Jacques Deval. J’ai été avec lui à Hollywood. Nous avons demeuré ensemble plusieurs mois, lui, moi et ses femmes. Car il mène une vie de nabab à la Alexandre Dumas. C’est un admirable cœur et l’un des plus subtils esprits que je connaisse. Il faudrait absolument que vous le connaissiez. Vous l’aimerez sûrement beaucoup. C’est l’esprit français en personne - hallucinant presque - il est inquiétant, monstrueux de cruauté spirituelle » ( lettre de Céline à Milton Hindus, 18 juillet 1947 ).

Deval rentrera des USA en 1934 pour y repartir en 1939 et s’y retrouvera alors bloqué par la guerre. Il ne reviendra qu’en 1947, au prix de graves difficultés avec le Trésor américain, qui le retient contre son gré: « J’avais projeté de regagner la capitale en 1945, mais le fisc me réclamait de l’argent indûment. Aux USA comme en France, les explications avec la loi sont toujours libres, mais longues, surtout quand le code nous échappe. J’ai passé deux années assis sur mes valises ».

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