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Quelques pièces

 

LES DAMES DU JEUDI

Pièce en un acte, création le22 novembre 1976, au Studio des Champs-Élysées, mise en scène d’Yves Bureau, interprétation ( par ordre d’entrée en scène ) : Dominique Blanchar, Max Vialle, Suzanne Flon, Françoise Lugagne, Frank Bertrand ( voix de Gabrielle Heller ), décor et costumes de Christiane Lénier.

 

Analyse

Trois anciennes camarades de classe, Sonia, Hélène et Marie, ont pris l’habitude de se réunir tous les jeudis, chez l’une d’elles, à l’heure du thé. La soixantaine sonnée, leur amitié perdure. Quoique de caractères très différents, elle se retrouvent toujours avec bonheur pour échanger leurs souvenirs, évoquer leur vie présente et éventuellement se remettre en question.

 

Critiques

« Loleh Bellon a écrit une pièce tendrement cruelle, pleine de vérités et de vérité. Dialogue quotidien d’un naturel exquis. Tout est juste, sensible, nuancé. Une méditation où l’humour se mêle à la pitié sur la jeunesse, la vieillesse, la mort, la vie. Bref une réussite. »
Georges Lerminier Le Parisien Libéré 29 novembre 1976

« Trois vies en désordre. Il n’y a pas de nostalgie, d’attendrissement dans Les Dames du jeudi, c’est comme si la mort se reflétait dans la vie et la vie dans la mémoire, avec ces petits éclats de la lumière qui se reflète dans l’eau courante. Oui, ça court, le dialogue court, dialogue singulier, d’une réelle fraicheur, sans rimmel, dialogue d’une jeunesse pas perdue qui monte les côtes à vélo, en danseuse, et qui se couche aussi dans l’herbe et regarde le ciel tomber à la renverse sur ce temps que l’on a mangé, émietté, traversé, dépassé et qui a échappé toujours, même lorsqu’on l’embrassait. On peut prévoir sans risque une belle faveur publique aux Dames du Jeudi. »
Michel Cournot Le Monde 24 novembre 1976

« Quand viendra le temps du bilan de la présente saison théâtrale, il apparaîtra, certes, que la pièce de l’actrice Loleh Bellon : Les Dames du Jeudi fut et reste l’un des très hauts souvenirs de cette année 76 -77, au bord du chef-d’œuvre ».
Jean Vigneron La Croix 11 décembre 1976

« On rit, on pleure, on vit de tout près avec ces trois femmes rencontrées à l’automne de leur vie, terriblement solitaires, pathétiques et résignées. Sans slogans, sans jamais rien d’abstrait, Loleh Bellon a écrit le plus beau manifeste du féminisme et, en tout cas, de la féminité ».
Guy Dumur Le Nouvel Observateur 29 novembre 1976

« Il passe entre ces trois comédiennes, parvenues à l’âge attendrissant de la maturité menaçante, au bord du « tout fout le camp » un courant de complicité sans pareil . Elles créent un climat tendre fragile où le rire sonne comme fêlé, où les pirouettes dissimulent une grimace, les éclats un sanglot, les coups d’œil une vacherie, les coups de griffes un désespoir. Un nouvel auteur nous est né… Pour notre joie ».
Matthieu Galey Le Quotidien de Paris 24 novembre 1976

« Loleh Bellon peint cette époque en une réplique, toute quotidienne, très spontanée qui vient d’ailleurs et qui dit tout dans le cocasse ou la tristesse . Joli travail ! Et qu’il faut aller saluer comme on salue notre passé. Le temps qui va et qui recouvre notre jeunesse de cendres grises qu’on ne voit pas. Loleh souffle légèrement. Les traits sont là, ceux de l’enfance. Toujours intacts ».
Pierre Marcabru Le Point 6 décembre 1976


CHANGEMENT À VUE

Pièce en trois temps sans entracte. Création le 23 novembre 1978, au théâtre des Mathurins, Interprétation ( par ordre d’entrée en scène ) de Daniel Delprat, Anne Petit-Lagrange, Frédérique Meininger, Suzanne Flon, Gérard Darrieu, Jacques Rispal, Max Vialle, Loleh Bellon ( voix ) de Yves Bureau, Pierre Constant, Maurice Coussonneau, Gérard Dournel, Jose-Maria Flotats, Gérard Giroudon, Nicolas Matteo, Alain Mottet, Patrice Valota, André Weber. Mise en scène d’Yves Bureau, Décors et costumes d’André Acquart, Réalisation sonore de Fred Kiriloff.

 

Analyse

Dans une loge de théâtre , quelques heures avant la première représentation d’Hamlet, les comédiens sont tout à leur angoisse, plus rien n’existe en dehors de leur rôle. Leur trac initial est intensifié par la voix du metteur en scène, celle du régisseur, et par la rumeur de la salle que leur transmet un haut parleur. Les jours passent, les représentations se succèdent, les comédiens sont repris par leurs soucis quotidiens Néanmoins au soir de la dernière représentation le métier d’acteur sera pour eux une profession comme les autres, enfin, non, pas tout-à-fait comme les autres.

 

Critiques

« La qualité de la pièce de Loleh Bellon est dans son réalisme, dans sa vérité, dans l’efficacité avec laquelle, mine de rien, elle campe ses personnages ».
Dominique Jamet Le Journal du dimanche 3 décembre 1978

« La réussite est entière, plus encore peut-être que dans Les Dames du Jeudi : l’auteur s’est refusé à certaines « ficelles ». Pas de souvenir, pas d’obsession. Rien que la réalité quotidienne d’un métier semblable aux autres avec ses exaltations,  avec ses routines. C’est dire que ce tableau n’est pas réservé qu’aux inconditionnels du théâtre ».
Paul Chambrillon Valeurs actuelles 11 décembre 1978

« Beaucoup de critiques - j’en étais - ont quitté le Théâtre des Mathurins, ce soir-là, les lunettes embuées ».
Jean Vigneron La Croix 7 décembre 1978

« Il y a des pièces dont on hésite à parler parce qu’elles recèlent une telle richesse qu’on craint de les tronquer. Changement à vue est de celles-là. On aimerait pouvoir simplement dire : « Voyez –la  absolument» Il faut dire ici à quel point Suzanne Flon, Gérard Darrieu, Jacques Rispal, Max Vialle, Frédérique Meininger, Anne Petit-Lagrange, Daniel Delprat et Loleh Bellon sont extraordinaires de vérité et émouvants dans le spectacle qu’ils donnent de leur intimité, spectacle qui devient réalité une fois le rideau baissé… On sort de là bouleversé et pour la première fois peut-être depuis longtemps on a l’impression d’applaudir leur métier plus que leur prestation ».
Alain Leblanc Les Nouvelles littéraires 1er décembre 1978

« Ils sont ici, devant nous, sur la scène, avec des mots de tous les soirs, comédiens ordinaires comme il y en a des tas ! Pour une fois, nous voilà les témoins de leur compagnonnage, de cette forme si particulière de camaraderie souvent déchirante ou déchirée qui exprime des sentiments plus ou moins vrais, comme tout le monde, mais parfois avec des mots d’amour parce qu’ils ont plus que d’autres besoin d’élans, de chaleur, de réconfort ».
Jean-Jacques Gautier Le Figaro 1er décembre 1978

«  Petite chronique à la Tchekhov où chacun tremble d’être oublié par le public, monstre inconstant. Suzanne Flon, Gérard Darrieu… font des merveilles mélancoliques, fragiles et farces. Curieux métier ! Qui aime le théâtre et ses secrets sera aux anges ».
Pierre Marcabru Le Point 11 décembre 1978

« Now Miss Bellon has a new comedy Changement à vue something of a different nature. It is done with very irony and a unique intelligence. Yves Bureau’s direction lent the staging the necessary fluidity and the proper tone and tempo. Miss Bellon’s new play, broader in scope than her first, is one of the most interesting of the season ».
Thomas Quinn Curtiis International Herald Tribune 12 janvier 1979. 1



LE CŒUR SUR LA MAIN

Pièce en un acte et huit tableaux, création le 3 octobre 1980 , au Studio des Champs-Élysées. Interprétation Suzanne Flon, Martine Sarcey, Madeleine Cheminat, Alain Mac-Moy, Gilbert Ponte. Metteur en scène de Jean Bouchaud. Décor et costumes d’André Acquart.

 

Analyse

Marcelle, de modeste situation, vient de perdre son compagnon, elle est désespérée. Une voisine, Geneviève, bourgeoise aisée, mariée, mère de famille, prend pitié d’elle et l’engage comme femme de ménage. Marcelle croit avoir trouver une amie et se comporte en conséquence. À priori, Geneviève ne refuse pas cette amitié mais elle ne sait comment y répondre. En fait, il s’agit, entre les deux femmes, d’un quiproquo, d’un malentendu. La compassion finit par devenir humiliante.

 

Critiques

«  Loleh Bellon a bien observé un certain milieu libéral de gauche, elle a bien écouté et, pour ce qui concerne ses intentions, elle a très bien saisi, d’une part l’égoïsme inconscient des gens comme Geneviève, d’autre part, le peu de champ dont dispose les femmes comme Marcelle pour se défendre ».
Michel Cournot Le Monde 18 octobre 1980

«  Voici la plus jolie pièce de l’année, la plus féroce en douleur, la plus juste avec le sourire, la plus noire dans le camaïeu d’une comédie en demi-teintes ».
Matthieu Galey Les Nouvelles Littéraires 10 octobre 1980

« Loleh Bellon s’est blottie dans un recoin de la société bourgeoise contemporaine pour y croquer avec l’acuité, avec l’âpreté d’une Brétécher… 2 mais la tendresse en plus, quelques-uns des ridicules et des iniquités de ce temps. Elle retrouve ici la veine des Dames du Jeudi et le Studio des Champs-Élysées la même chance. Souhaitons-le ».
Dominique Jamet Le Quotidien de Paris 17 octobre 1980

«  Je crois que ce Cœur sur la main est de ces petits chefs-d’œuvre  qui font qu’on sort du théâtre le cœur un peu plus gros et différent de celui qu’on avait en entrant ».
José Barthomeuf Le Parisien libéré 17 octobre 1980

«  Au Studio des Champs-Élysées, avec la très jolie comédie de Loleh Bellon : Le Cœur sur la main dont j’ai aimé la vérité, l’humanité, le naturel, l’extraordinaire réalité, j’ai été séduit, enchanté, charmé par la double interprétation, si rare et si fine, si vivante, si riche de Suzanne Flon et Martine Sarcey. À ceux qui me font confiance, je conseille vivement d’y aller voir. Je pense qu’ils ne le regretteront pas et qu’ils s’amuseront ».
Jean-Jacques Gautier Le Figaro 14 octobre 1980.

«  Diabolique et merveilleusement sensible Loleh Bellon ! Sans prévenir, en faisant semblant de nous taquiner avec une plume, elle enfonce de terribles clous. Notre conscience en est transpercée. N’ayez pas peur, cette comédie n’a aucun rapport avec ces tranches de vie qui ne sont le plus souvent que de l’ennui en tranches. Tout ici est subtil, léger et gai, même la mélancolie ».
François Chalais France-Soir 14 octobre 1980.

« Aucun message, aucun plaidoyer, rien que le jeu de l’humour et de la sensibilité, petite musique réaliste, un brin perfide et qui nous met tous en cause ».
Pierre Marcabru Elle 3 novembre 1980

« Cette suite de tableaux, brefs mais d’autant plus éloquents, va beaucoup plus loin que le rire suscité par instants. Loleh Bellon, au vrai et à menus coups d'épingle, débride une plaie et oblige nos consciences à un face-à-face terrifiant ».
Jean Vigneron La Croix 30 octobre 1980.

1 Critique parue lors des représentations de Changement à vue dans la province de Manitoba (Canada)
2 Claire Brétécher, dessinatrice humoristique de bandes dessinées

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