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Une enfance victime de la crise économique

Le 2 décembre 1923 naquit à Paris, dans l’immeuble bourgeois du 114 rue du Bac, un petit garçon que l’on prénomma Roland. Son père, Henri Dubillard, était un négociant ; un de ses oncles, Monseigneur Virgile Dubillard évêque de Quimper, deviendra quelque temps plus tard archevêque de Chambéry. Bientôt une petite sœur Christiane naîtra et deviendra la compagne de jeux préférée de son grand frère.

Ainsi se présentait une famille, on ne peut plus bourgeoise.

Lorsque l’enfant eut cinq ans, les activités commerciales de M. Dubillard obligèrent les siens à déménager et à s’installer à Marseille.

1929, la crise économique…. Les affaires vont mal, un retour à Paris semble s’imposer . Cette solution n’est malheureusement pas la bonne et deux ans plus tard la famille Dubillard réintègre Marseille et emménage au 404 rue Paradis.

Ses affaires ne cessant de péricliter Henri Dubillard ne put éviter la faillite.
En 1936, il est tué dans un accident d’automobile. Le jeune Roland n’oubliera jamais : « À la mort de mon père, j’avais treize ans. Il était en faillite. Toute la famille - mon grand-père maternel et mes oncles - est venue et j’avais vraiment eu l’impression que mon père n‘était rien du tout. Et en même temps j’avais une haine féroce contre mon grand-père et mes oncles ». 1

À la suite de ce drame, M. Dehé, le père de Germaine Dubillard, accueille provisoirement sa fille ainsi que ses deux petits enfants dans sa maison de Saint-Mandé. Bientôt Germaine et sa progéniture, s’installeront à Paris au 111, boulevard Saint-Michel. Roland entre alors au lycée Louis le Grand : «  Le parti que j’ai pris de faire une activité complètement superflue et inutile ça m’est venue en classe de 3ème déjà. J’avais quatorze ans ou quinze ans, j’ai commencé à m’amuser avec les mots, à faire des dissertations qui parfois choquaient le professeur parce qu’elles étaient bourrées d’astuces et de sous-entendus. Puis après j’ai eu un professeur de français qui m’a encouragé dans cette voie… ». 2

La Maison des Lettres

Après avoir obtenu son bachot, Roland entre à la Sorbonne pour préparer une licence de philosophie. Dans le même temps, il s’inscrit à la Maison des Lettres et s’y fait de nouveaux amis, Pierre Dumayet, Alain Resnais, le futur dramaturge Romain Weingarten. L’étudiant découvre à la fois les romans noirs américains, l’existentialisme mais aussi les Concertos brandebourgeois. Il participe activement aux animations théâtrales, organisées par le directeur de l’École, Pierre-Aimé Touchard, futur administrateur de la Comédie Française. C’est avec enthousiasme que le jeune Dubillard écrit ses premières œuvres qui sont mises en scène sur place, à la Maison des Lettres. Ce sont de courtes pièces dans lesquelles l’auteur interprète les rôles principaux: X assassine à minuit trente, Conjoncture, L’art du mélodrame, Le Martyr de Sainte Agnès, Les Noces de Catherine.

Mais la France est en guerre, Roland ne l’oublie pas et s’engage bientot dans la Résistance avec les Francs-Tireurs.

1 Entretien avec Robin Wilkinson 5 mai 1979
2 idem

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