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Une carrière artistique aux multiples facettes

Loin de n’avoir été qu’un auteur dramatique fort apprécié, Louis Ducreux mena une brillante carrière de metteur en scène, certes vis à vis de ses propres œuvres, mais aussi de celles d’autres auteurs comme André Haguet, Suzanne Lilar, Albert Husson et Roger-Ferdinand. Quant à André Roussin, s’il ne montait pas lui-même ses pièces, il n’avait confiance, le plus souvent, qu’en son ami Louis Ducreux. C’est ainsi que ce dernier participa au succès d' Une Grande Fille toute simple avec Gérard Philipe et Madeleine Robinson, de Lorsque l’Enfant Paraît avec André Luguet et Gaby Morlay, de Hélène ou la joie de vivre avec Pierre Dux et Sophie Desmarets et de Le Mari, la Femme et la mort avec Bernard Blier et Jacqueline Gauthier . En outre, pendant plus de cinquante ans, Louis Ducreux se fit applaudir sur scène, interprétant les premiers rôles dans une vingtaine de pièces dont Un Monsieur qui attend d’ Emily Williams, Les Pigeons de Venise d’Albert Husson, Les Ambassades de Roger Peyrefitte, La Rouille de Carlos Semprun…

Dans le même temps, réalisateur d’émissions de variété, il présenta à la radio : Le Petit musée de la Chansonnette et Le Journal Officieux pendant plus de trois ans.

Au cinéma, il tourna sous la direction de Marcel Pagnol, Maurice Cloche, Claude Chabrol et Bertrand Tavernier. Grâce à ce dernier, en 1984, il obtint un énorme succès dans Un dimanche à la campagne où il interprétait un vieil artiste peintre, Mr Ladmiral, face à sa fille, jeune personne émancipée que jouait Sabine Azéma.

La musique du film était signée, le croiriez-vous, Louis Ducreux. Car il ne suffisait pas à ce dernier d’écrire des pièces, de mettre en scène des spectacles, d’être acteur de théâtre et de cinéma, il lui fallait encore se consacrer à la composition musicale. C’est ainsi que Max Ophuls, le chargea des lyrics de son film La Ronde. et que la chanteuse Cora Vaucaire mit à son programme La Rue s’allume dont le refrain « l’odeur des roses » était chaque soir repris par le public .

En 1961, le ministre de la Culture, André Malraux, proposa à Louis Ducreux la direction artistique de l’Opéra de Marseille. Celui-ci en éprouva une grande joie. Retrouver sa ville natale pour y exercer une fonction magistrale autant qu’inespérée, c’était l’apogée de sa carrière. Il s’y livra corps et âme.

Après avoir monté Carmen dans les décors de Bernard Buffet qui obtint un très joli succès, Ducreux se hasarda avec bonheur dans la présentation d’opéras contemporains. En 1963, fut représenté pour la première fois en France Lulu d’Alban Berg, dans les costumes de Jean-Denis Malclès.

En 1964, ce fut, d’après l’œuvre de Guillaume Apollinaire Les Mamelles de Tirésias, sur une musique de Francis Poulenc.

En 1965, Ducreux quitta Marseille pour l’opéra de Monte-Carlo. Il y restera jusqu’en 1968. Puis, très heureux, il retrouvera sa ville. Il inaugurera son retour par un Festival placé sous l’égide de la presse marseillaise. Au cours de ce Festival, Ducreux présentera l’opéra Pauvre Matelot d’après Jean Cocteau, sur une musique de Darius Milhaud.

Réinstallé à son bureau de directeur, il afficha en 1970,  Mariana Pinéda, dont il écrivit le livret d’après l’œuvre de Federico Garcia Lorca, sur une musique de Louis Saguer.

À nouveau, Louis Ducreux abandonnera l’Opéra de Marseille en 1972. Cette fois ce sera pour celui de Nancy où il restera en fonction jusqu’en 1977, puis il s’en reviendra à Paris retrouver son costume de comédien. Il manquait toutefois une mention à la carte de visite de Louis Ducreux : celle d’écrivain. Cette lacune fut comblée, en 1980, par la publication aux éditions Lafont du roman La Porte tournante au café Riche.

La dernière apparition de Louis Ducreux, ce fut le rôle du grand-père dans le film de François Margolin : Mensonge.

Louis Ducreux tirera sa révérence au monde, à Paris, le 22 décembre 1992.

Mais Marseille ne l’oubliera jamais : une rue porte son nom dans la cité phocéenne.

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