Accueil

9

Extrait

 

UN NOMMÉ JUDAS

 

ACTE PREMIER

Une salle en contre-bas, aux murs nus crépis à la chaux, qui ouvre au fond, par une porte surélevée, sur une petite cour. Une fenêtre plus large que haute, à verre dormant, translucide. Une autre porte sur le côté. Une cheminée. Une enclume. Un établi. Un lit de sangles. Des escabeaux. C'est un atelier modeste, mais pas misérable.Au lever du rideau, Léa est assise sur le lit de sangles, coudes aux genoux, tête baissée. Le petit Marc, dans un coin, fait son baluchon. De temps en temps, il renifle comme un enfant qui se retient de pleurer.

Bartholomé ( nous sommes chez lui ), Jacques, Thadée et Philippe poursuivent une conversation animée. Pendant tout le début de la scène, Léa, qui écoute tout, garde l'attitude de quelqu'un qui ne veut pas entendre. De temps en temps, elle jette, vers ceux qui parlent, un coup d'œil sans bienveillance ou bien elle hausse discrètement les épaules.


Bartholomé, dans une large exclamation d'incrédulité : Allez ! Allez !

Jacques : Quoi : « Allez » ?

Bartholomé : Pas d'histoires !

Thadée, tourné vers les autres, les prenant à témoin : C'est des histoires ?

Bartholomé, haussant les épaules : Sur un âne !

Jacques, confirmant : Sur un âne.

Bartholomé, net : Vous vous foutez de moi !

Thadée, piqué : Bon ! Si tu veux.

Bartholomé : Enfin, vous n'allez tout de même pas me faire croire que, pour son entrée officielle...

Thadée : Bon ! Bon ! ... Crois-le pas !...

Bartholomé : ... Il se serait mis sur un âne !... Un âne... comme... enfin quoi... comme.. comme un âne !...

Philippe, rectifiant : Ah ! Pardon !

Jacques : Pardon !

Thadée : Attends un peu !

Jacques : On n'a pas dit ça.

Philippe : II y a âne et âne... Celui-là...

Jacques : C'était un grand. Un beau.

Philippe : Un bien nourri. Un reluisant.

Thadée : Un âne de riche.

Jacques : Gris.

Thadée : Gris tirant sur le bleu.

Philippe : C'est les plus rares.

Bartholomé, approuvant malgré lui : Oui... Et les plus chers.

Philippe : Exactement.

Thadée : Tu vois bien !... ( Reprenant ) Et qui n'avait pas peur. Malgré la foule. Et pourtant ça criait !

Philippe : Malgré les taons qui piquaient dur.

Thadée : Et surtout... fier. Voilà : fier.

Jacques : Fier comme s'il avait compris.

Thadée, doucement affirmatif : Mais... il avait compris.

( Un temps )

Bartholomé, commençant à céder : Oui... évidemment, comme ça, j'aime mieux. ( Léa regarde Bartholomé avec mu petit sourire ironique, Il est un peu gêné et ne soutient pas le regard de Léa, lui reprend très vite sa position d'absente. Se rapprochant ) N'empêche que, moi, j'aurais pris un cheval.

Thadée : Oui, toi.

Jacques : Justement. Pas lui.

Bartholomé : Pourquoi ?

Thadée : Attends un peu !

Bartholomé, à Thadée : Oh ! tu m'agaces, toi ! ( Aux autres ) Vous ne pouviez pas lui trouver un cheval ?

Thadée : Naturellement si. Et d'ailleurs, nous aussi, oui... nous aussi on avait d'abord pensé a un cheval, comme toi, comme n'importe quel imbécile...

( Un petit rire de Léa. Thadée s'arrête et le reprend, après avoir regardé Léa )

( Gentil ) ...Je veux dire : comme tout le monde... Seulement, nous, eh bien ! nous... on n'a pas été consultés.

Bartholomé : Ah ?

Philippe : II nous aurait demandé... on lui aurait dit : un cheval, bien entendu...

Thadée : Mais il nous a dit : « un âne ».

Philippe : Voilà.

Jacques : Et comme il a vu qu'on était un peu... comme toi...

Philippe : ... Qu'il y en avait même qui allaient discuter...

Thadée : Comme toi...

Jacques : ... Et ça, il le sent tout de suite, et il n'aime pas... Alors, pour qu'il n'y ait pas d'his­toires, il nous a expliqué que c'était dans les Écritures...

Thadée : ... Et il nous a indiqué l'endroit où on le trouverait.

Bartholomé : Dans les Écritures ?

Thadée : Quoi : dans les Écritures ?... Ah !... Non !... L'endroit où on trouverait l'âne. On y est allés, il y avait l'âne.

Bartholomé : Ça !...( Il est frappé. Il regarde vers Léa qui ne bronche pas et il dit en hochant la tête comme pour lui-même, mais un peu à l'adresse de Léa ) Il y avait l'âne...

Philippe : II y avait l'âne. Alors, nous, du coup, tu comprends...

Jacques : On n'a fait ni une ni deux...

Bartholomé : Vous prenez l'âne...

Philippe : On prend l'âne.

Thadée : II monte dessus...

Jacques, ravi : Et alors...

Philippe : Et alors, à partir de ce moment-là, Bartholomé, mon vieux..., toi qui nous parles d'un âne..., il n'y avait plus d'âne, tu comprends ?

Jacques : Ça n'était plus un âne !

Thadée : Non. C'était... une autre bête. Une... monture...

Jacques : Royale.

Thadée : Et encore, non !... Même pas une bête !... Un... un trône, tiens !... Un trône... qui s'avançait sur ses petits sabots, dans le soleil !...

Jacques : Nous, on avait coupé des branches aux palmiers...

Philippe : Aux oliviers... Aux lauriers-roses...

Thadée : Les copains aussi.

Bartholomé : Quels copains ?

Philippe : Ceux de Galilée...

Jacques : ... Qui étaient descendus pour la Pâque...

Philippe : Et qui se sont mis à gueuler dès qu'ils l'ont reconnu !...

Thadée : Fallait voir !...

Jacques : Oui ! Déjà qu'ils avaient bu toute la nuit !...

Philippe : Enfin, bref, ça lui a fait une de ces entrées !...

Thadée : A tout casser. Parce que, en plus, ceux qui n'avaient plus de voix, devine ?... Les voilà qui prennent leurs manteaux, leurs châles et leurs foulards du dimanche, et hop ! par terre, un vrai tapis sous les pieds de l'âne...

Bartholomé, ravi : Sous les pieds du trône !

Thadée, riant d'aise : Sous les pieds du trône, comme tu dis...

Philippe : Et, du coup, les autres qui recommencent à beugler de plus belle... Et à beugler quoi ?... Devine !

Bartholomé, criant : Vive Jésus !

Philippe : Mieux que ça ! Tiens-toi bien. À beugler : « Vive notre Roi ! »

( Un silence. On est à la fois enchanté et inquiet. Léa a dressé l'oreille )

Bartholomé : « Vive notre Roi ? »

Philippe : Tel que !... Demande à Jacques.

Jacques : Oui !... Et l'intéressant... suis-moi bien... l'intéressant, ce n'est pas tant qu'ils aient crié : « Vive notre Roi ! » ... Note bien que ça fait rudement plaisir... Mais c'est que lui, il ait laissé faire, sans rien dire.

Bartholomé, qui ne comprend pas tout de suite : Ah oui ?... Parce que ?...

Thadée, le triomphe de l'évidence : Mais tout est lu, mon vieux ! Ça montre que, cette fois, ça y est : II accepte ! C'est que le moment est venu ! El la preuve, c'est que l'âne était dans les Écriture. Qu'est-ce que tu veux répondre à ça ? Ah ! mon vieux Bartholomé !

( Un temps )

Bartholomé, vexé, triste : Je ne vous pardonnerai jamais ça.

Jacques, surpris : Quoi, « ça »?

Bartholomé : Ça. D'avoir vu ça sans moi. Depuis qu'on se connait, il y en a, des choses que vous aurez vues sans moi ! Mais celle-là, j'aurais pu. Pourquoi vous n'êtes pas venus me chercher ? Ça se passait à cinq cents pas d'ici et vous n'êtes pas venus me chercher !

Philippe, brutal : On n'a cherché personne. Les autres, ils étaient la tout seuls. Fallait te décider, il y a six mois, quand tu nous a connus. Si tu t'étais pressé davantage de venir avec nous...

Thadée, à Philippe : Ne te fâche pas, Philippe. ( À Bartholomé ) L'important, c'est qu'on soit la, c'est qu'on ait pensé a quitter les autres pour te chercher ici et t'emmener avec nous. Et pour ce qui est de voir, tu en verras d'autres, va. Tiens ! Tu connais l'histoire qu'il raconte, sur les vignerons ? Ceux qui arrivent les derniers au travail peu­vent gagner autant que les premiers.

Bartholomé, surpris : Ah ?

Jacques : Oui... Du reste, ça, c'est plus ou moins juste..:

Thadée, à Bartholomé : En tout cas, profites-en.

Philippe insistant, vers Bartholomé : Non, mais... pour savoir !... Pourquoi tu as tant tardé, finalement ? Tu avais peur ? Peur de lui ? Peur de nous ? Dis ?

Bartholomé : Oh non !... Peur de moi, peut-être, un peu... Oui... Je ne me sentais pas assez sûr de moi... Mais maintenant...

Léa, intervenant, très froide : Mais maintenant te voila sûr de toi et de lui et tout fier parce qu'une bande de péquenots a crié : « Vive notre Roi !... » (Aux autres. ) Et vous aussi, vous voila tout fiers ?

( La sortie de Léa a jeté un trouble. Un temps, très court )

Jacques, poli mais ferme : Mais oui, madame. Fiers.

Léa : Et lui aussi... le... le « Roi » ?

Thadée, simple : Oh non !... Lui, il n'est pas « fier ou pas fier »... Il est comme il est.

Léa : Eh bien, il n'a pas peur ! « Vive le Roi ! » Comme ça !... Et la police ne vous a pas embarqués, et votre Roi avec ?

Philippe : Vous voyez...

Léa : Vous avez de la chance. On en a bouclé pour beaucoup moins.

Philippe : Ben !... vous voyez... pas lui.

Jacques : Oh ! il y a bien eu deux ou trois grincheux qui voulaient nous faire taire... Vous savez ce qu'il leur a dit, Jésus ? ...Ça leur a fermé le bec, fallait voir... Il vous sort toujours de ces trucs, on ne sait pas où il va les prendre...

Thadée : II leur a dit, deux points : « Si ceux-là se taisaient, ce sont les pierres qui crieraient. »

Léa, appréciant ironiquement : Oh, bravo !

Philippe : D'ailleurs, elles ont crié aussi.

Léa : Qui ça ? Les pierres ?

Thadée, prudent : Oui, enfin... les pierres des murs... ( Poli ) Oh ! un simple écho, peut-être... Remarquez..., je n'insiste pas là-dessus.

Philippe : Un écho... Un écho... Pourquoi elles n'auraient pas crié, les pierres ? On a vu mieux !

Jacques : Ça, oui.

Philippe : Et on verra encore mieux, comme le disait Thadée tout à l'heure, maintenant que le vrai commencement de tout a commencé !

Léa : Le commencement de tout quoi ?

Thadée, doucement : Mais le commencement... de... le commencement du bonheur, madame.

Léa : Du bonheur ?... Ne me faites pas rigoler.

( Marc fait entendre un rire forcé, genre gloussement )

Bartholomé, geste vif vers Marc comme pour le gifler : Dis donc, toi !

Léa : Ah ! non, hein ! Tu lui fais assez de peine comme ça, tu ne vas pas le cogner, en plus ? Ce n'est pas que ça me regarde, mais quand même !...

Bartholomé, agacé, mais pas mécontent qu'on parle d'autre chose : Moi ? Je lui fais de la peine ?

Léa : Tu ne vois pas qu'il a gros cœur que tu t'en ailles ? Non ?

Bartholomé : Gros cœur... Gros cœur... À cet âge-là, on n'a pas « gros cœur » ...

Léa : À cet âge-là, on n'ose pas le dire. C'est tout.

Marc : C'est pas vrai, madame Léa. J'ai pas gros cœur.

Bartholomé : Pardi ! C'est un homme, Marc.

Léa : Pas encore. Heureusement.

Bartholomé : Mais si. Hein ? Marc, que tu es un homme ? Et qu'on s'est bien expliqués tous les deux, et que tu trouves que j'ai raison de partir ?

Marc : Non.

Léa : Là ! Tu l'entends ?

Bartholomé : Il crâne parce que tu es là. Attends seulement qu'il le connaisse, Jésus. Et il l'aimera aussi.

Marc : Non.

Bartholomé : je te dis que tu l'aimeras. Compris ?

Marc : Non.

Thadée, intervenant avec douceur : Mais si, tu comprendras...

Léa : Et s'il ne veut pas ? Vous le forcerez ?

Thadée : Forcer ?... Non... On ne force pas les gens à comprendre. Ils comprennent, voilà tout. Tenez... Un exemple : Un gamin veut jouer avec le feu. Il fouille dans la cheminée, il attrape une braise, il se brûle, il crie. Qu'est-ce qu'on lui dit ? On lui dit : « Là !... Tu as compris ? » Voilà... Quand c'est vraiment vrai, on comprend tout de suite. Avec lui, c'est la même chose. On comprend.

Jacques, riant : Tu fais des paraboles, toi aussi ?

( Ils rient tous, gentiment, sauf Léa et Marc )

Thadée, un peu confus : C'était pour expliquer au petit...

Jacques : Je ne te reproche rien.

Thadée, à Léa : Tant que vous ne l'avez pas vu, vous ne pouvez pas savoir... Pour nous, ç'a été pareil... Tenez, moi... Ça n'est pas croyable... Je venais à peine de m'établir à mon compte... Dix ans que j'attendais ça... C'est le moment où il faut travailler le plus dans la vie... Heureux avec ma femme. Forcément : en quatre ans !.. Deux enfants : un garçon, une fille... Tout bien, quoi... Magasin de grains et épices, bonne clientèle, bonne santé... La tête sur les épaules... enfin, quoi... tout... Dans mon pays, on disait : Si Thadée — c'est moi — fait une chose, c'est que ça tient debout. Et c'est vrai ! Eh bien, moi, madame, le jour où il est passé par chez nous, le soir même, j'étais sur les chemins, derrière lui. Et je ne l'ai pas quitté depuis trois ans. Je reconnais que j'avais laissé mes affaires en ordre, mais quand même...

Bartholomé : Tu la regrettes, la boutique ?

Thadée : Non. Ça n'est pas le mot. Bien sûr, j'y pense souvent. Je la revois. Avec la patronne qui se défend toute seule... C'est un travail, vous savez, pour une femme. D'autant que les affaires sont difficiles et que, d'un sens, ce n'est pas de chance d'ouvrir juste quand on est obligé de s'absenter... Mais je ne regrette rien... Non... ( Il se tait, rêve un instant... puis : ) C'est bizarre, mais c'est comme ça...

Léa, ironique : Un charmeur...

Thadée, un peu dérouté : Ah ?... Si vous voulez... Drôle d'expression... Nous, on n'a jamais vu la chose de cette façon...

Philippe, vif : Non. Et d'ailleurs, appelez ça comme vous voudrez, mais c'est un fait. Je n'ai pas de boutique, moi, pas de femme, pas d'enfants. Je faisais la caravane. Quand on voyage, sur le dos de son chameau, ou quand on marche à côté de lui, on n'a rien à faire, alors on dort ou on pense. Seule­ment, moi, je ne savais pas à quoi il fallait penser, alors je ne pensais à rien, et je m'embêtais. Il y a bien les mirages. Ça distrait. On a soif. On croit qu'on va boire. Mais va te faire foutre !... Et puis, un jour, je l'ai vu. A Capernaün, c'était. L'an dernier. Il parlait... Alors, ça m'a donné quelque chose penser, et, pour mieux comprendre, j'ai marché derrière, avec les autres. C'était un mirage qui était vrai. Celte fois-là, j'ai bu. Vous y êtes ?

Léa : Vous avez de la chance.

Philippe : Eh oui ! C'est bien ce que dis.

Thadée, qui insiste : Vous verrez. Vous verrez. On en a rencontré un, une fois, il était furieux parce qu'on avait passé à travers son champs. Il faut même avouer qu'on avait chipé quelques épis... Le type nous attendait de l'autre côté avec des pierres. Bon. Là-dessus, on traverse, il voit Jésus, Jésus lui parle, il ne pouvait plus jeter son caillou... Il le regardait, dans sa main, comme un caillou, quoi... Il ne savait plus qu'en taire... Il riait... Il est venu avec nous. Thomas, il s'appelle.

Bartholomé, ravi, vers Léa et Marc : Là... Vous voyez !...

( Léa hausse les épaules. Marc se crête et répond insolent )

Marc : Je vois rien du tout.

Bartholomé, se fâchant : Tu veux être poli, oui ? C'est comme ça qu'on parle ?... Un apprenti ?

Marc : Je le suis plus, votre apprenti, puisque vous fermez boutique et que vous me renvoyez chez moi.

Bartholomé : Mais crénom de bonsoir ! écoute-moi. Je l'apprends le métier depuis trois ans, hein ? Je suis ton patron et tu m'aimes bien. Si je t'avais dit : « Viens, on va travailler ailleurs », tu n'aurais pas répondu ni quoi ni qu'est-ce, tu serais venu ?...

Marc : Forcément.

Bartholomé : Eh bien ! moi je suis l'apprenti de Jésus, tâche de saisir. Il m'a dit de le suivre. Pas « demandé », hein ! Il m'a dit. Pour faire le métier qu'il a inventé, lui. Et quand je le saurai, je reviendrai te l'apprendre.

( Il pose sa main sur la tête de Marc, qui n'ose pas se dégager )

Marc : J'aime mieux le vôtre.

Bartholomé : Penses-tu ! Ferblantier !

Léa : Tu n'es pas ferblantier, dis donc ! Tu es forgeron.

Marc : Armurier même !

Bartholomé : Si vous voulez. N'empêche ! II y a plus beau à faire.

Philippe : Oui !

Jacques : Oui ! ( À Marc ) Moi aussi, j'étais comme toi. Je croyais qu'il n'y avait pas mieux que mon établi. Ouvrier en bois, que j'étais. Et note bien que, pour moi, ça s'est passé encore plus drôlement que pour les autres. Parce que, le métier, c'est moi qui l'ai appris à Jésus. Jésus, il était mon petit Marc à moi. Je le dirigeais, je le rembarrais. El puis, un jour, il a parlé, et j'ai tout plaqué pour le suivre. Pourtant, je te jure bien qu'en matière de menuiserie il ne s'est jamais montré miraculeux, au contraire... Non... Pas miraculeux du tout, même... Ni en menuiserie, ni en quoi que ce soit d'ordinaire...

(La porte s'ouvre brusquement. Le policier s'y encadre. Tous se retournent vers lui.)

Bartholomé, saisi : Qu'est-ce que c'est ? ( Il le reconnaît ) Ah !... Bon !... Qu'est-ce qu'elle veut, la police ?

Le Policier : Un nommé Judas, c'est ici ?

Bartholomé : Ça dépend. Quel Judas ? Celui qui est en prison ? Enfin, qui y était. Parce qu'on a dû le libérer ce matin.

Le Policier : On l'a libéré. Oui. C'est lui. C'est bien chez vous qu'il habite ?

Bartholomé : Oui.

Le Policier : II est là ?

..."

Haut de page

retour table des matières